vendredi 28 janvier 2011

Deux fesses qui se connaissent...

Fesses, popotin, foufounes (oui les amis français, ce sont des fesses), cul, derrière, petits pains, gros steak …
Ce sont des mots qui désignent les 2 muscles qu’on utilise pour s’asseoir.  Car tel est sa première fonction : nous permettre de nous asseoir pendant une période donnée sans avoir mal.  Mais on n’y pense pas.  C’est naturel.  Bébé, tu t’assoies avec ta couche pleine et vieillard, tu te berces avec ta couche pleine.
Au cours des 35 ans de vie, ma relation avec mes fesses est…  Comment le dire?  Remplie de rebondissements.  La première fois où j’ai eu conscience de mes coussins est lors ma 4e année du primaire.  Je suis à la maison avec ma mère et elle me tresse les cheveux pour que je sois belle à l’école (ce qu’elle ne comprend pas est le fait que les petits amis vont me demander pourquoi j’ai toujours des tresses sur la tête).  Elle me révèle que mes fesses seront l’attrait des garçons quand je serai grande.  Une enfant de 10 ans a du mal à comprendre pourquoi que ce truc en bas de mon dos attirera tous les hommes de la planète. 
Le lendemain, cette affirmation me reste dans la tête.  Quand la récréation se termine, on doit se mettre en rang avant de rentrer dans la classe.  Ce que je fais mais je passe mon temps à essayer de regarder mon derrière.  Un ami et une amie de ma classe se demandent pourquoi je gigote ainsi.  Je lui explique ce que ma mère m’a dit.  Les 2 regardent attentivement mes fesses et eux non plus ne comprennent pas l’attrait pour ça.  Les adultes sont bizarres!
Je le sais maintenant que les fesses sont des attraits sexuels.  Je sais.  Mais je vis dans un monde de blanc où le popotin noir peut faire peur.  Je sais assez vite merci que ce truc est considéré gros ici mais minuscule en Afrique.  Dans mon cas, il n’y a pas de sortie de secours.
Si, seulement j’ai seulement cette histoire à raconter…   Je suis à l’Université de Montréal et je fais de la marche rapide depuis quelques années.  Oui la marche rapide avec le drôle de déhanchement.  Je revois une amie du secondaire (car on n’a pas fréquenté le même CÉGEP).  Elle me demande si je connais le grand noir dans ma classe de psychologie.  Je lui dis que oui et il s’appelle Franz.  Disons que cette amie s’appelle Dramatique.  Drame, pour les intimes, veut que je me renseigne sur lui.  Cela tombe bien car on doit aller ensemble à notre examen final.  Cet examen se fait à l’aréna de l’université.  Ceux et celles qui connaissent bien l’endroit savent que l’université est sur la montagne Mont-Royal.  Donc, Franz et moi se rejoignons au pavillon Jean-Brillant qui se situe en bas de la montagne.  Pour faire une histoire courte, Franz mesure beaucoup plus que 1m80 et moi, 1m68.  Il marche très vite, plus vite que moi et ces enjambées sont immenses.  J’ai du mal à le suivre mais je tiens bon et je lui pose tous les questions dont Drame veut les réponses.  Arrivée à l’aréna, on s’assoie tout sur des chaises en bois et j’ai déjà mal partout. 
Le lendemain est terrible car j’ai réussis à étirer au maximum mon muscle inférieur de ma fesse gauche (oui les fesses ont des muscles, exactement 3).  2 semaines à marcher avec un oreiller sur mon cul.  Tout est pénible : marcher, s’asseoir, courir, danser, se tenir debout, se coucher…   Vous voyez le topo.  Quoi?  Drame et Franz?  Cela n’a pas fonctionné, aucune affinité.  Grosse déception pour ce dernier car il croit que je fais tout ça pour lui et moi.  Pendant 2 semaines, toute ma famille rit de moi mais c’est une blessure sérieuse.  Parlez-en avec Bruni Surin, il s’y connaît en blessure fessier.  Le plus drôle est le fait que je me blesse  de nouveau 6 mois plus tard grâce à ma sœur (c’est une longue histoire).  C’est une blessure plus compliquée en hiver, croyez-moi.
Pour chasser le mauvais sort, je décide de faire un tatouage sur ma fesse gauche.  Oui, j’ai un tatouage et c’est une cible bleu-blanc-rouge.  Si vous voulez me faire chier, visez-là.  Depuis, plus de bobo.  Mais l’humiliation continue…

Ass, fessier, postérieur, siège, arrière-train, brioches, lunes,…

Cela se passe dans un bar de Montréal et je suis avec les membres du Studio 3265.  L’Homme (car mon mari s’appelle ainsi et il l’est avec un grand H) doit arriver un peu plus tard.  Je discute avec tout le monde et je passe un bon moment.  Tout d’un coup, on parle des fesses et du regard de l’homme envers ces petites brioches.  J’en discute avec Fon et avec Clamato.  Ils m’expliquent que les hommes ont un truc pour savoir si la fille a un cul proportionnel à eux.  Le truc est simple.  Tu prends tes 2 mains, tu croises les 2 pouces, tu replies les 3 doigts suivant et tu laisses le dernier intact.  Si les 2 fesses de la fille rentrent dans cet espace, cela veut dire qu’elle est bonne.  Sinon, oublie-la, elle a un gros CUL.
Ma curiosité fait en sorte de demander à Clamato de me montrer son truc sur moi.  Il le fait mais je vois bien son malaise.  Que voulez-vous?  Je ne me vois pas comme un être sexuel pour le sexe opposé.  La plupart de mes amis sont des hommes car avec les filles…  C’est compliqué. 
Donc…   Ah oui!  Clamato l’essaye sur moi.  J’essaie de me tourner mais je ne vois pas très bien mais je comprends l’ensemble du truc.  Il me dit que je rentre dans l’espace.  Je n’ai pas dit que Fon et Clamato sont très grands et ont des grandes mains.
Une fois arrivés à la maison, je monte le truc à l’Homme afin de savoir si je suis bien proportionnée pour lui.  Il essaie.  Silence.  Et encore silence.  Et là je comprends tout, j’en ai trop pour lui.  Mon petit petit grand cul de black (mon beau-frère le décrit ainsi) est immense pour lui.  Je suis vraiment mal barrée maintenant.  L’Homme me dit avec une voix faible qu’il y a 1 cm qui dépasse de chaque côté.  JOUAL VERT les gars, la revanche sera cruelle.
Quelques semaines plus tard, je les vois dans un bar avec les autres membres du studio.  Je leur demande gentiment de venir me voir.
-« Je vous remercie les gars.  Grâce à vous, je sais que mon cul est trop gros pour l’Homme.
-C’est impossible, disent-ils à l’unisson.
-Pourtant…  Il faut dire que vous avez des grandes mains.
-Il est où?  Il arrive, dit Clamato.
-Quoi?  Qu’est-ce qui se passe? dit l’Homme intrigué.
-Chéri, je leur explique que grâce à eux mon cul est gros pour les blancs.
Les 2 moineaux remontent à l’Homme le truc en disant que tu peux ajuster la grandeur par les pouces.  Il est même préférable de coller les bouts des pouces ensemble que les croiser.  Wow!  Avez-vous vu le tour de magie?  Ils ont l’art de sortir de la merde rapidement.  Je dirais même que c’est l’art de s’en sortir avant d’être dans la merde.  Je ne crois pas à leur explication mais d’un seul coup d’œil ils comprennent qu’ils ont la vie sauve.  Après tout, ils sont mes amis et je les aime.
Ma relation avec mes fesses s’améliore de jour en jour.  Je les trouve belles en vieillissant.  Il y a encore des moments de honte, surtout quand j’essaie des jeans dans les magasins où ils ne comprennent pas que ma taille ne correspond pas à la grosseur de mon postérieur.
(Oui, je parle de toi, vendeuse de Trois-Rivières qui est convaincue que le jeans « stretch » règle le problème.  Grâce à ton entêtement, tu n’as pas fait de vente cette journée-là.  La honte devant ma belle-mère, joual vert!)
Au fond, l’importance est le fait que je peux encore bouger ou « shake my bon bon » avec facilité.


Je dédie ce texte à mon ami Clamato.  Il est décédé mercredi le 26 janvier 2011.  Il combattait un virulent cancer.   Nous avons passé beaucoup de temps ensemble au cours des 8 dernières années.  Ce que nous aimions beaucoup était de nous raconter nos anecdotes humiliantes ou pas tout en mettant le plus de piments dedans.  Ce qui me manquera le plus est les moments où nous étions que tous les 2 et nous découvrions nos points en commun.  J’ai su lors d’un party à la maison qu’il trouvait ma sauce BBQ excellente au point qu’il disait qu’elle est la meilleure au monde.  Je n’ai jamais voulu donner ma recette secrète sauf s’il se mariait.  Alors, juste pour toi, je te donne l’ingrédient secret : rhum brun (le Barbancourt, bien sûr).  Au revoir Clamato!

3 commentaires:

  1. Sauce bbq: c'est vrai que la tienne est délicieuse! Le whiskey canadien et le bourbon sont aussi très bons :o) Faudrait se faire des "ribs" lors de notre prochaine rencontre :o)

    Popotin: l'important c'est d'être capable de se le brasser :o)

    Amitiés avec la très grande majorité des filles .... tellement d'accord !!! Mais nous c'est pas pareil :o)

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  2. Toi et moi, c'est pour la vie Mélanie. <3

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  3. Aime tes fesses. Toujours. Et pour les célébrer, voici l'hymne aux fesses d'Yvon Deschamps:

    www.youtube.com/watch?v=EQwFOwuLRXU

    Jane

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